Les Banshies

 

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Pour qui connaît, le cri de la banshie est si terrifiant qu'il glace le sang dans les veines et blanchit prématurément les cheveux de celui qui l'entend. On dit qu'il rappelle tout à la fois le hurlement du loup, le cri d'une oie sauvage, les pleurs d'un enfant abandonné et les plaintes d'une femme en train d'acoucher. De plus, il est si puissant qu'il est capable de réveiller le dormeur le plus réalcitrant et de couvrir le vent le plus violent.

 

En Irlande, la banshie apparaît souvent sous la forme d'une femme à la longue chevelure hirsute, vêtue d'une robe verte et d'un manteau gris. A force de pleurer, ses yeux sont rouge sang. Walter Scott explique qu'en Irlande on " assigne à certaines familles d'une origine très ancienne et d'un rang distingué le privilège d'avoir une banshie, comme on l'appelle, ou fée domestique, dont les fonctions sont de se montrer en versant des larmes, pour annoncer la mort prochaine d'une personne de cette race privilégiée. " Si je suis si bien informé, l'honneur d'avoir une banshie n'est accordé qu'aux familles de pure origine milésienne, et n'est jamais partagée par aucun descendant du plus fier Normand ou du plus audacieux Saxon qui aient jamais suivi la bannière du comte Strongbow; Bien moins encore à ceux des aventuriers qui se sont établis dans l'Île verte à une date plus récente.

 

(Walter Scott, Histoire de la démonologie et de la sorcellerie, traduction de M. Defauconpret, Furne Editeur, Paris 1832) 

 

 

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Selon Walter Scott, les clans d'Ecosse étaient également placés sous la protection d'une banshie, dont le rôle allait plus loin encore que celle d'Irlande :

 

" Plusieurs familles des montagnes d'Ecosse prétendaient autrefois à la distinction d'avoir un esprit domestique qui remplissait les mêmes fonctions que la banshie d'Irlande. Cependant, les devoirs de cet esprit, dont la forme et l'extérieur variaient suivant les occasions, ne se bornaient pas à annoncer la mort de ceux dont les jours étaient comptés. Les montagnards savaient en exiger d'autres services : tantôt d'écarter d'eux les périls d'une bataille, tantôt de veiller sur l'enfant qui devait être leur héritier, et de le garantir de tous les dangers particuliers à son âge. Quelques fois, de daigner intervenir jusque dans le jeu du chef, et de l'avertir de la carte qu'il devait jouer, ou de la pièce qu'il devait avancer aux échecs."

 

 

 

 

 

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Tableau ci-dessous : Trois Femmes et trois loups, Eugène Grasset (1841-1917)

 

 

 

 

 

 



Article ajouté le 2009-04-28 , consulté 54 fois

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